Systèmes d’information géospatiale

Mise en place d’une base de données géospatiales prioritaires et de services d’accès Web pour le gouvernement du Sénégal

Rendre accessibles les données géospatiales afin d’appuyer la prise de décisions dans un contexte de développement socio-économique sain et durable.

Début du projet :
Janvier 2014
Durée :
15 mois

Réalisé en partenariat avec Fujitsu Canada et financé par Ressources naturelles Canada, ce projet couronne les efforts du gouvernement canadien, qui, depuis 2009, s’est impliqué dans l’élaboration et la mise en œuvre du Plan national de géomatique du Sénégal. Ainsi, Effigis a été mandatée pour mettre en place un système de gestion et de distribution de données géospatiales normalisées dans le but de les rendre accessibles à la population sénégalaise.

Mise en situation :

Pendant longtemps, les données cartographiques d’un pays étaient compilées avec un souci prédominant pour leur représentation visuelle (pour l’impression de cartes sur papier) plus que pour leur intégrité spatiale. L’intégration de telles données, comme celles du Sénégal, dans un système d’information géographique et les rendre facilement accessibles représentent une tâche qui nécessite plusieurs étapes, en fonction des caractéristiques des divers jeux de données. Tout d’abord, les collections des données vectorielles comprenaient trois échelles : le 1/1 000 000, le 1/200 000 et le 1/50 000, et leurs formats étaient variables. Parfois, les données n’étaient pas géoréférencées ou étaient séparées sur des calques à l’aide de simples dessins vectoriels. En ce qui concerne les collections matricielles, une partie du pays était couverte par un ensemble d’images déjà orthorectifiées (5 m de résolution) et une autre partie par des images brutes. Par ailleurs, les modèles numériques d’élévation produits pour certaines villes du pays étaient plus denses que le MNE qui couvre l’ensemble du pays (issu du SRTM) avec 30 m de résolution : on souhaitait réunir les deux en un seul MNE sans perdre le détail qui caractérisait ces villes. Le but du projet a ainsi été de rassembler et concilier toutes ces données dans une base de données cohérente tout en s’appuyant sur des normes internationales.

Défis :

La normalisation des trois collections de données vectorielles et des deux collections matricielles existantes constituait la première étape du projet. Pour ce faire, nous avons dû, au préalable, redéfinir et adapter les normes nationales pour les arrimer aux normes internationales. Cela a requis la création des catalogues d’entités géographiques pour chaque collection vectorielle. Non seulement il a fallu prévoir la totalité des entités géographiques rencontrées au Sénégal pour ces catalogues, mais ces derniers ont aussi dû être uniformisés pour assurer la cohérence d’une échelle à l’autre. Nous avons ensuite successivement normalisé et structuré les jeux de données, afin que ces dernières soient conformes aux catalogues. En deuxième étape, il a fallu concevoir une base de données spatiales capable de stocker toutes ces données vectorielles, ortho-images et modèles numériques d’élévation normalisés. C’est après tout ce travail qu’il a été possible de mettre en place des services Web (WFS et WMS) pour donner accès à l’ensemble de ces données. Le système a été déployé dans deux agences gouvernementales distinctes (ANAT et ADIE). À la fin du projet, le personnel a reçu une formation dans le but de permettre la prise en charge du système par la partie sénégalaise.

Solutions :

Nous avons réuni une équipe de spécialistes des normes cartographiques internationales, de l’édition géomatique vectorielle, du traitement d’image, des bases de données relationnelles et des serveurs Web cartographiques pour accomplir la tâche colossale de normaliser l’ensemble des données géospatiales du pays. Plus concrètement, nous avons priorisé :
  • l’utilisation de normes internationales reconnues et adaptées à la réalité sénégalaise afin d’harmoniser les différentes collections de données entre elles et de faciliter leur utilisation par le plus grand nombre d’utilisateurs;
  • l’utilisation de technologies d’avant-garde telles qu’ArcGIS d’ESRI, du logiciel de traitement d’images Geomatica de PCI, du système de gestion de base de données spatiales PostGIS, du langage de programmation Python et du logiciel de type ETL (Extract-Transform-Load) FME de Safe Software;
  • le développement de méthodes de validation et de contrôle de qualité automatisées.
Une fois les données structurées et normalisées, elles ont été chargées sur des serveurs afin de les rendre disponibles pour le téléchargement et accessibles en ligne par l’intermédiaire de services Web (WFS et WMS).

Résultats :

Les résultats du projet ont été présentés en mars 2015 lors de la conférence des Journées nationales de la géomatique à Dakar. La base de données géospatiales prioritaires du Sénégal contenant les collections de données normalisées a été livrée à l’agence responsable sénégalaise. Dans le but d’en favoriser son accessibilité, la cartographie Web produite par Effigis permet à quiconque de consulter les données géospatiales sans avoir à les intégrer dans un système d’information géographique (SIG). Les serveurs ont été déployés dans les agences gouvernementales ANAT et ADIE. Plusieurs formations ont eu lieu dans un souci de transfert technologique et afin d’assurer la pérennité du projet. Cliquez ici pour voir la base de données géospatiales BaseGeo.

Éléments à retenir :

  • Projet d’appui canadien pour le Plan national de géomatique du Sénégal (PNG);
  • Normalisation de données cartographiques en utilisant des normes internationales;
  • Production de la base de données géospatiales prioritaires;
  • Diffusion Web (WFS et WMS) pour l’accès public aux données;
  • Formation des spécialistes sénégalais et transfert technologique.